Phencyclidine
Ace - Angel dust - Angel hair - Angel mist - Black dust - Black whack - Cadillac - Cliffhanger - Crystal - Cycline - Cyclone - Devil's dust - Dust - Eléphant - Elephant tranquilizer - Embalming fluid - Goon - Green - Hog - Horse tranquilizer - Killer joints - KJ - Mist - Monkey dust - Monkey gland - Ozone - PCP - Peace pill - Peep - Phenylcyclohexylpiperidine - Poudre d'ange - Poussière d'ange - Purple rain - Rocket fuel - Scuffle - Sheets - Sherm - Surfer - Supergrass - Superweed - T - Wack
Du fait de son faible coût, il est parfois retrouvé comme additif dans le THC, le LSD, les amphétamines et la cocaïne.
Pharmacologie
Subtance à la fois hallucinogène et psychostimulante de par ses actions antagoniste du glutamate au niveau du récepteur NMDA, et d'augmentation de la libération de dopamine.
Elle posséderait une action au niveau des systèmes cholinergiques, sérotoninergiques, et sur certains récepteurs des opioïdes (dysphorie et hallucinations).
Analogues structuraux: kétamine, PHP, PCC, PCE, TCP.
Potentiel de dépendance
Dépendance psychique modérée à forte, contrairement aux autres hallucinogènes, car le high peut être très intense. Les sujets peuvent réitérer les prises pour retrouver le sentiment d'invulnérabilité. Quelques cas de craving ont été décrits.
Syndrome de sevrage non décrit du fait de la cinétique d'élimination très lente.
Tolérance qui se développe en quelques semaines.
Signes d'imprégnation
Nystagmus vertical et horizontal, analgésie.
Voir l'echelle diagnostique de l'intoxication par la phencyclidine du DSM IV .
Beaucoup plus importants que pour les autres hallucinogènes.
Immédiats
Fréquence des bad trip très élevée.
Psychose très proche de la schizophrénie : désorganisation de la pensée, perte de contact avec la réalité, impression de dissociation entre le corps et l'esprit, puis sentiment de solitude, puis idées noires, aggressivité, avec levée des inhibitions et réactions violentes spectaculaires (homicides, automutilations ou suicide).
Amnésie totale des sensations éprouvées, avec sensation pénible d'apathie.
Diarrhée, douleurs abdominales, bruxisme.
Produit à marge très étroite :
Effets stimulants à faible doses : agitation, excitation, troubles de la coordination, dysarthrie, analgésie, nystagmus, polypnée, hypertension artérielle, flushing, sueurs, hyperacousie, distorsion de l'image corporelle, troubles de la pensée.
Effets sédatifs à fortes doses : hypersalivation, vision trouble, vomissements, fièvre, myoclonies, rhabdomyolyse, hypotension, bradypnée, ataxie, convulsions, coma, opisthotonos, posture de décérébration.
Décès multifactoriel : encombrement et dépression respiratoire, hypertension conduisant à des encéphalopathies hypertensives, des vasospasmes cérébraux, des hémorragies intracérébrales ou sous-arachnoïdiennes, convulsions.
Liés à une utilisation chronique
Insomnie.
Anorexie.
Dépression avec risque suicidaire.
Psychose
Retard de croissance et troubles de l'apprentissage chez les adolescents.
Troubles mnésiques, confusion, troubles du langage pouvant persister plusieurs mois après l'arrêt.
Flashbacks.
Grossesse
Risque tératogène.
Risque méconnu en l'état actuel des connaissances.
Quelques cas de malformation cranio-faciales, microcéphalie ont été rapportés.
Autres risques
Retard de croissance intra-uterin.
Travail prématuré.
Syndrome de sevrage chez 65 % des nouveau-nés exposés in utero : irritabilité, hypertonie, vomissements, diarrhées.
Prise en charge du nouveau-né
Déconseiller l'allaitement en raison du passage dans le lait.
Effets recherchés
Hallucinations.
Sentiment de puissance et d'invulnérabilité.
Modalités de prise
Voie orale, intraveineuse, sniffé ou fumé.
Possibilité de "binges" comme la cocaïne ou les amphétamines.
Utilisation limitée du fait de la fréquence des réactions violentes : fumer permet de mieux maîtriser les doses et donc le risque de réactions violentes.
La prise peut être involontaire en cas de mélange avec d'autres drogues illicites.
Prise en charge
Bad trip et épisodes psychotiques
Talking down à éviter car il peut augmenter l'agitation.
Acidifier les urines pour augmenter l'élimination (en l'absence d'insuffisance rénale).
Halopéridol plutôt que chlorpromazine.
Benzodiazépines.
Bétabloquants.
Sevrage
Désipramine 50-150 mg le premier jour puis diminution progressive sur 2 semaines, a été proposée, mais l'efficacité de cette thérapeutique n' a pas été évaluée.
Pousser le patient à s'occuper de lui même, self-care et self-esteem.
Malades souvent hostiles à la thérapie de groupe au début, minimiser les contraintes, les placer dans un environnement confortable.
Relaxation, yoga, sport pour reprendre contact avec le corps.
Surveillance biologique
Dosages urinaires, sanguins, et capillaires. Possibilité de détecter le produit plusieurs mois après l'arrêt de la consommation.
Pharmacocinétique
Effet maximal au bout de quelques minutes.
Durée de l'effet très variable : 2 à 48 heures.
Très liposoluble, relargué lentement à partir des tissus graisseux.
Métabolisme hépatique par oxydation, hydroxylation, et glucuroconjugaison.
T1/2 : 18 h, raccourcie si pH urinaire acide.
Métabolites retrouvés longtemps après la prise.
Interactions
Phénothiazines : potentialisation des effets anticholinergiques.