Hallucinogènes

 

Parfois contaminés par de la strychnine, de la phencyclidine, ou des amphétamines.

 

Pharmacologie


Agonistes partiels ou agonistes antagonistes des récepteurs 5HT2 de la sérotonine. Bonne corrélation entre l'affinité pour le récepteur 5HT2 et la puissance hallucinogène.

Certains produits pourront avoir en plus une action agoniste dopaminergique, une action IMAO, une action anticholinergique.

Action au niveau du système limbique (régulation de l'humeur).

 

Potentiel de dépendance


Faible dépendance psychique sauf pour la phencyclidine.

Pas de syndrome de sevrage.

Développement d'une tolérance généralement importante, d'installation et de disparition rapide. Tolérance croisée entre le LSD, la mescaline, la psilocybine, le DOM. Pas de tolérance croisée avec les amphétamines, la phencyclidine ou le tetrahydrocannabinol.

 

Signes d'imprégnation


Voir l'échelle diagnostique de l'intoxication par les hallucinogènes du DSM IV .

Dans la majorité des cas, le sujet est capable d'avoir un regard critique sur ses hallucinations.

 

Risques


Aigus

Troubles neurovégétatifs, plus ou moins intenses selon les produits, et selon l'état de tolérance :

- nausées, vomissements

- mydriase

- hypertension modérée

- tachycardie

- hyperthermie

- vertiges

- incoordination

- hyperréflexie

- tremblements

- excitation sauf PCP, anticholinergiques et cannabis qui sont sédatifs.

 

Troubles psychiatriques :

- bad trip : anxiété marquée voire attaque de panique liées à une perte de contrôle face à la dissolution de l'ego (dépersonalisation). Sont en général de courte durée et se résolvent spontanément avant l'intervention médicale. Leur survenue est imprévisible, même chez l'utilisateur expérimenté.

- état paranoïdes

- difficultés à exprimer les pensées

- confusion

- troubles du jugement

- dépression prolongée sur plusieurs semaines, surtout sur terrain prédisposé.

- psychose aiguë : paranoïa, délire de persécution, idées de grandeur, sentiment d'omnipotence pouvant conduire à s'envoler du haut d'un immeuble ou à vouloir arrêter des voitures. Les psychoses sont peu fréquentes. Sont souvent accompagnées de vraies hallucinations, de confusion, et d'un comportement hétéro ou auto-aggressif. Se résolvent en quelques jours, parfois en quelques mois. Les décès accidentels sont surtout observés avec le LSD et la phencyclidine,qui sont les produits les plus consommés.

- syndrome amotivationnel : l'imputabilité des produits n'a pas formellement été établie à ce jour.

 

Chroniques

Les troubles chroniques de la personnalité surviennent généralement lors d'un usage chronique, sauf pour le LSD et la phencyclidine (après une prise unique).

Anxiéte et dépression chronique.

Précipitation vers une schizophrénie.

Flashbacks : apparaissent de manière imprévisible, dans une période de 1 à 2 ans suivant la dernière prise d'hallucinogène. Peuvent être précipités par la fatigue, le stress, l'usage d'un autre hallucinogène. Durent quelques secondes à quelques minutes. Les souvenirs qui ressurgissent peuvent paraître très réels. Puis décroissance de la fréquence et de l'intensité au fur et à mesure des épisodes. Jusqu'à chez 25 % des sujets environ. Surtout hallucinations visuelles. Plusieurs hypothèses ont été formulées : épilepsie visuelle ayant pour origine le noyau géniculé latéral, troubles mnésiques d'origine dissociative.

 

Effets recherchés


Hallucinations : vision de formes géométriques lorsque les paupières sont fermées.

Mais en réalité ce sont plus souvent des troubles de la perception qui sont observés : intensification des couleurs, flashes colorés, mouvements à la périphérie du champ visuel, halo autour des objets, synesthésies, macropsie, micropsie, traces derrière les objets en mouvement, modification de la géométrie des formes, impression de ralentissement du temps, augmentation de l'acuité auditive, augmentation dela sensibilité au toucher, synesthésies (les sons sont vus, les images sont entendues ou ressenties), altération de la perception de sa propre image.

Usage récréatif ou expérimental.

Effets modulés par la dose, les attentes de l'utilisateur vis à vis du produit, son état psychique basal, son humeur au moment de l'utilisation, l'effet de groupe, et le lieu.

 

Prise en charge


Bad trip : Traitement mettant à profit l'état d'hypersuggestibilité dans lequel se trouve le sujet, appelé "talking down" outre-atlantique:

- gagner sa confiance

- le placer dans une environnement familier rassurant, ou dans une pièce tranquille pour réduire les stimuli

- l'apaiser, lui dire que cet état est transitoire, l'aider à se décontracter en lui parlant doucement, sans élever la voix, sans le menacer, éviter les mouvements brusques, le laisser se déplacer librement pour qu'il n'ait pas le sentiment d'être pris au piège.

- hospitaliser en cas d'échec, ou en cas de réactions particulièrement violentes (surtout avec la phencyclidine).

Anxiété et dépression chronique : anxiolytiques et/ ou antidépresseurs et/ou techniques de relaxation, thérapie comportementale.

Psychose : neuroleptiques, mais attention certains sujets pourront s'orienter vers une "automédication "à base de psychostimulants pour réduire d'éventuels symptômes déficitaires. Identifier un éventuel trouble psychotique sous-jacent et le traiter : certains sujets psychotiques s'orientent vers les hallucinogènes car ils ont l'impression ainsi de pouvoir contrôler la survenue de leur productions.

Flashbacks : Talking down, rassurer, dire que ces épisodes sont transitoires. Anxiolytiques si nécessaire, conseiller d'arrêt de tout hallucinogène y compris le cannabis. Peuvent être exacerbés par les phénothiazines, préférer les benzodiazépines.

 

Dosages - Surveillance : dosages non effectués en pratique quotidienne de laboratoire. La négativité des dosages n'exclut pas la responsabilité du produit, en cas de flashbacks. Dosages quantitatifs sanguins inutiles du fait de l'absence de corrélation avec la clinique en raison du phénomène de tolérance. Préférer les dosages urinaires

 


Amanite tue-mouches - Anticholinergiques - Cannabis - Diméthyltryptamine - Harmaline - Ibogaïne - Kétamine - LSD - Mescaline - Phencyclidine - Psilocybine -