Stéroïdes anabolisants
Juice - Rhoids
Voir aussi la liste des substances dopantes du Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Pharmacologie
Les stéroides anabolisant agissent au niveau du noyau cellulaire, et engendrent une multitude d'effets. Voir risques liés à une utilisation chronique.
Potentiel de dépendance
Dépendance psychique importante de type psychostimulant: euphorie et sentiment de bien être et d'invincibilité.
Syndrome de sevrage marqué par des signes :
- psychiatriques : irritabilité, agitation, insomnie, anxiété, absence de désir sexuel, anhédonie, dysphorie, idées suicidaires, dépression prolongée.
- neurovégétatifs : sueurs, myalgies, nausées, vomissements, chair de poule, tachycardie, hypertension artérielle, fièvre, anorexie. Les symptômes liés à une hyperactivité adrénergique sont améliorés par la clonidine.
Développement plus ou moins rapide d'une tolérance qui conduit à associer les produits.
Signes d'imprégnation
Changement rapide des caractères sexuels secondaires.
Développement d'un comportement agressif.
Perturbations du bilan hépatique.
Risques
Immédiats
Liés aux auto-injections : abcès, lésions nerveuses.
Liés à une utilisation chronique
Effets endocriniens :
Chez l'homme :
Inhibition de la sécrétion endogène de testostérone par rétrocontrôle négatif sur la LH: atrophie testiculaire chez 10 % des sujets, certains athlètes prennent de l'HCG pour stimuler la production des stéroïdes gonadiques et réduire cette atrophie.
Inhibition de la sécrétion de FSH : suppression de la spermatogenèse, diminution de la motilité des spermatozoïdes.
Gynécomastie imprévisible et persistante (aromatisation idiosyncrasique des dérivés de la testostérone en strogènes) qui conduit certains athlètes à prendre du tamoxifène afin de la prévenir ou de la minimiser.
Augmentation de la taille du pénis.
Augmentation de la fréquence et de la durée des érections.
Diminution de la libido.
Impuissance.
Calvitie.
Chez la femme :
Hirsutisme.
Perturbation ou arrêt des cycles menstruels.
Hypertrophie clitoridienne.
Développement de la pomme d'Adam.
Voix grave.
Chez l'adolescent :
Déclenchement précoce de la puberté, et arrêt prématuré de la croissance par soudure des cartilages de conjugaison.
Effets hépatiques :
Élévations non spécifiques des enzymes hépatiques avec retour à la normale après l'arrêt.
Hépatite cholestatique.
Néoplasmes dont carcinome hépatocellulaire : non régressifs à l'arrêt des stéroïdes.
Surtout avec les dérivés en C17a.
Effets cardio-vasculaires :
Hypertrophie ventriculaire gauche et droite, hypertrophie septale.
Hypertension artérielle.
Fibrose coronaire.
Infarctus du myocarde.
Accident vasculaire cérébral.
Effets psychiatriques :
Changements brutaux de l'humeur.
Euphorie.
Irritabilité.
Désinhibition.
Impulsivité.
Sentiment d'invincibilité.
Agressivité voire homicide.
Psychose : hallucinations, paranoïa, manies, homicides.
Attaques de panique.
Dépression et idées suicidaires.
Les épisodes agressifs peuvent êtres observés en dehors des périodes d'utilisation, mais surtout pendant les cycles d'utilisation et surtout avec les dérivés en C17a
Effets métaboliques :
Rétention hydrosodée, hyperkaliémie, hypercalcémie, hyperphosphatémie.
Augmentation du LDL cholestérol et diminution du HDL cholestérol : avec des cas d'athérosclérose massive chez des sujets jeunes observés lors d'autopsie.
Augmentation des triglycérides.
Hyperglycémie.
Altérations du bilan thyroïdien sans conséquences cliniques.
Effets urinaires :
Hyperplasie prostatique.
Carcinome prostatique.
Incontinence.
Infections urinaires.
Divers :
Augmentation de l'hématocrite.
Arthralgies, tendinopathies liées à une fragilisation des tendons, déchirures musculaires.
Diminution de l'appétit.
Polycytémie.
Séborrhée.
Acné.
Prise en charge
Bilan de départ
PAL, LDH, marqueurs tumoraux hépatiques, cholestérol, triglycérides, glycémie.
Sevrage
Arrêt immédiat possible chez les sujets réussissant des cycles de d'abstinence complète, ou diminution progressive des doses chez les autres (plus rares), avec dans tous les cas une surveillance régulière de l'état psychiatrique.
Substitution
Sans intérêt. Mais certains sujets pourront se tourner spontanément vers d'autres produits : Gamma Hydroxybutyrate, clembuterol ou chrome.
Surveillance
La négativation des dosages urinaires a lieu dans un délai de 3 semaines après l'arrêt, pour les anabolisants pris par voie orale, et de 6 mois pour les anabolisants injectables. Mais certains sujets connaissent parfaitement leur cinétique d'élimination, et seront tentés de ne se prêter aux dosages qu'en période de négativité.
Agents masquant qu'il convient de rechercher éventuellement : probénécide et épitestostérone.
Prise en charge psychiatrique
Voir Prise en charge psychiatrique des Psychostimulants.
Grossesse
Risque de masculinisation d'un foetus féminin.
Effets recherchés
Recherche des effets endocriniens : augmentation de la masse musculaire, stimulation de la production de globules rouges.
(Pas de preuve concernant l'efficacité des stéroïdes anabolisants pour améliorer la vitesse de récupération des fractures ou la récupération post-chirurgicale.)
Puis dans un deuxième temps recherche de l'effet psychostimulant.
Modalités de prise
Jusqu'à 100 fois voire 1000 fois la dose recommandée en thérapeutique.
Recours à plusieurs produits en même temps (5 ou 6 en moyenne).
Utilisation cyclique : prise pendant 6 à 12 semaines puis arrêt pendant 4 à 6 semaines pour minimiser l'atrophie testiculaire et pour éviter les contrôles positifs.
Pharmacocinétique
Dérivés en C17 pris par voie orale à élimination courte :
Ethylestérol
Methyltestostérone
Oxandrolone
Oxymestérone
Oxymétholone
Stanozolol
Dérivés de la 19 Nor testostérone injectable à élimination lente :
Nandrolone
Esters de testostérone
Interactions
Augmentation de l'efficacité des anticoagulants.
Diminution de l'efficacité de l'insuline.